MANUEL DE SECOURS pour Vénérable Maître... très seul en Loge

Cette charge n'est pas toujours un long fleuve tranquille

Devenir un Franc-maçon instruit...

         

            Abonnement Gratuit                          Cliquez sur les étiquettes pour accéder à la commande


La Voix Libre des FM (Sept 2015)

Achat au numéro – N° 2 Septembre 2015

5.00 €

Frais d’envoi compris – Le N° 2 chez vous

Devenir Franc-Maçon ?

Devenir Franc-Maçon ?  Quel rituel, quelle obédience ? Et le Gadlu dans tout ça ? Interview exclusive de Philippe Charuel Grand Maître de la Grande Loge de France : La Communication est une obligation ! Alain Subrebost : installer en soi le silence intérieur, Guy Arcizet : Liberté de conscience ou conscience de soi ? La méthode maçonnique : doctrine ou méthode ? par Gérard Castagne – Lydia Aractingi : première femme designer de meubles maçonniques… Dans la Voix Libre des Franc-Maçons septembre 2015.


Démissionner ou persévérer... quand la F.M. fait une crise de foi !! 

Par Franck Fouqueray, auteur du Manuel de Survie pour apprenti voulant démissionner. 

Les chiffres sont effrayant, rien que pour le Grand Orient de France en 2013, sur les 2 869 nouveaux initiés, le Grand Orient a enregistré pour la même période 2 385 démissions (ou décès) soit 83 % de pertes. Toutes les obédiences souffrent du même mal. Si la Franc-maçonnerie attire de plus en plus de monde, grâce au fantasme qu'elle continue à propager, bon nombre d'apprentis ne trouvent pas le Graal tant convoité et repartent déçus de la tromperie, ou se sentent victime d'une erreur sur la « marchandise ». A l'heure où les religions ne répondent plus assez à la quête du sens de la vie, la Franc-Maçonnerie pourrait précisément apporter une réponse à cette attente. Encore faudrait il que les motivations des Grandes Loges soit orientées vers le sens de la vie, et non pas vers le syndicalisme, les grandes questions sociales, ou pire... les querelles stériles de pouvoir. Ce tournant n'est pas facile à prendre pour les grandes instances au pouvoir. Car avouons-le, les dirigeants ne sont pas devenus Grand Vizir grâce à la maîtrise des secrets de la sagesse, mais plus souvent par les intrigues de cour lorsqu'il ne s'agit pas de cour... de justice. Dans le « Manuel de Survie pour Apprenti maçon voulant démissionner » un ouvrage qui permet aux apprentis de ne pas démissionner immédiatement, on découvre quelques moyens pour favoriser la prise de conscience de l'importance d'exploiter le matériau Loge comme un laboratoire, pour grandir et pour dépasser les querelles et autres aspérités. Tout le monde parle en Franc-maçonnerie de polir sa pierre, mais comme aux Galeries Lafayette, à la moindre promotion, on change de boutique pour trouver mieux ailleurs ! On peut surfer, zapper et switcher dans le monde profane, mais en Franc-maçonnerie, on est justement censé cultiver la « Gloire au Travail » ou encore le « Tombeau pour les vices ». Personne n'a jamais affirmé qu'un S.A.V. assure le remboursement et intervient en cas de déception. Un objet de consommation ? Il serait tellement plus simple d'informer les apprentis par le biais des instructions que si la maçonnerie est une voie initiatique, elle ne se consomme pas en gélule ou avec un patch ! Il faut être patient. Par ailleurs, pour sentir les progrès de la fraternité, il serait certainement très utile d'informer les nouveaux entrants que le travail sur la laïcité ou l'euthanasie, aussi louable puisse t'il être, n'a jamais fait progresser aucun être sur la voie de la sagesse. Sinon, nos délégués politiques ou mieux encore, nos professeurs d'Universités seraient devenus les égaux de Platon ou de Gandhi. Pour bien comprendre comment interpréter ces propos volontairement provocateurs, poursuivons par une petite histoire symbolique pour mieux comprendre le sens des difficultés vécues en loge : « Un homme d'une vingtaine d'années se promène sur un boulevard, découvre à droite une petite ruelle et l'emprunte. Il y a un porche à quelques mètres et sous ce porche un agresseur est en embuscade. Au passage de notre homme, le malfaiteur l'attaque, le met KO. Il lui vole son portefeuille avant de prendre la fuite. Notre victime se relève, se soigne et va ensuite s'inscrire dans un club d'arts martiaux où il pratique durant 20 ans. Puis il repasse par ce même boulevard, voit la même ruelle à droite et l'emprunte à nouveau. Il y a évidement toujours le même porche et le même agresseur qui attend ses victimes. Lorsque notre héros est attaqué, cette fois il se défend et règle son compte à l'agresseur, grâce à ses techniques martiales. Il en profite pour récupérer son portefeuille volé 20 ans plus tôt et reprend sa route. Il continue la pratique des arts martiaux pendant encore 20 ans. Il est âgé maintenant de 60 ans, il se promène sur le boulevard, il voit une petite ruelle à droite. Il passe devant mais cette fois, une petite voix paisible l'invite à continuer son chemin. Il tourne la tête et change de trottoir pour rentrer chez lui tranquillement. » Cette allégorie en 3 volets symbolise parfaitement le travail maçonnique. Lors du premier tableau, on pense être la victime d'un agresseur, c'est injuste. Dans le deuxième tableau on pense avoir évolué en nous réparant par la vengeance. Nous croyons alors être mieux que l'agresseur, c'est plus acceptable moralement. Mais en réalité, nous sommes toujours dans la confrontation. Même si nous croyons en sortir victorieux, nous sommes toujours à l'une des deux extrémités de la même histoire de cette violence que nous sommes certains de fuir. Dans le troisième tableau, la paix et l'harmonie règnent. Il ne se passe rien de particulier, car notre essence profonde n'est plus obligée de se frotter au chaos pour grandir. On peut sans difficulté saisir le parallèle avec la franc-maçonnerie. J'aimerais partager avec vous une pensée de la sagesse amérindienne : « La paix n'est pas l'absence de conflit. Il s'agit plutôt de notre capacité à faire face à ce conflit avec harmonie et justesse ». Nous pensons trop souvent à tort que notre travail maçonnique doit nous conduire dans un état de divinité lumineuse, en quasi lévitation. C'est une illusion, le monde des Bisounours n'existe que pour les enfants. En travaillant sur notre sagesse nous aboutissons à donner du sens à chaque évènement vécu. Il convient donc de travailler sur le sens pour changer nos yeux et voir le monde tel qu'il est, mais certainement pas, tel que nous souhaiterions qu'il soit. Mais pour que cette alchimie fonctionne, il faut reprendre la recette. J'ai nommé le Rituel car il faut en effet s'attacher au mat afin de ne pas succomber aux sirènes du consumérisme. Il faut chercher la vérité au fond du puits, dans la crypte, mais certainement pas au sommet du clocher. Le travail sur le Rituel est un lent travail de symbolisme afin de révéler les vérités enfouies au fond de chacun de nous. Le mot Vérité se traduit par « Alètheia ». Ce concept hellénique traduit l'idée de lever le voile sur ce que nous avons oublié. Cette idée est très importante, car elle rappelle que ce que nous cherchons en maçonnerie n'est certainement pas au dehors, mais bien au-dedans. Il suffit de lever le voile. Il en est de même avec la Lumière. Cette Lumière n'est, certes pas, celle des yeux, mais beaucoup plus subtile. Ne parle-t-on pas dans nos Rituels de « la vraie Lumière » ? Ce qui permet de comprendre qu'il existe une Lumière dont la vibration est plus intense. C'est donc, nul doute, de cette Lumière dont on parle en Franc-maçonnerie. Gardons à l'esprit que lorsqu'un aveugle entre en Loge pour y être initié, il reçoit, tout comme vous, la fameuse Lumière. Si elle était réelle, seuls les bien voyants en seraient bénéficiaires. Cette réflexion est fort utile pour se souvenir de la petite phrase d'Antoine de Saint-Exupéry : « On ne voit bien qu'avec le coeur. L'essentiel est invisible pour les yeux ». Comme nous l'a enseigné un apôtre indien de la non violence : « Commencez par 3 changer en vous ce que vous voulez changer autour de vous. » Pour ma part, le remède qui endiguera la fuite des jeunes passe obligatoirement par le travail de la quête de sens en maçonnerie. Chercher à illusionner les jeunes avec des promesses de pseudo pouvoirs et de pseudo espoirs, ne peut que renforcer ce mouvement de démissions. Il ne suffit de se rendre beau pour le jour du mariage, faut-il encore savoir être convaincant pour le faire durer dans le temps. Les appâts utiles à la noce consistent bien souvent à chercher à briller. Quant aux vertus nécessaires pour faire durer la pratique, briller ne suffit plus, il faut rayonner. On ne peut plus faire illusion très longtemps et seuls les plus méritants passent l'épreuve avec succès. « (Ma Soeur) (Mon Frère) Compagnon, vous voilà prêt. Partez joyeux et la tête haute, le Chantier vous est ouvert » ! FRANCK FOUQUERAY